Expédition aux chutes de Gouina


Après 4 mois de saison des pluies qui laissent les routes impraticables, nous voilà enfin sur le point de partir à Gouina, un peu LA sortie obligée depuis Kayes. Parmi les plus belles chutes d’Afrique de l’Ouest d’après un guide (je n’ose citer de peur de me tromper entre le Routard, le Lonely ou le Petit Futé…), en tout cas parmi les plus larges, 150 ou 200 mètres sur une dizaine de haut (on a vraiment l’impression que c’est plus mais bon…)

Donc enfin la sortie est arrêtée, à l’occasion de l’anniversaire de Jonathan. Après une gymnastique assez éprouvante pour être le bon nombre pour entrer dans les véhicules, des désistements, des revenants, des redésistements bref du rebondissement de l’action, de l’amour de l’amitié, nous voilà, le nombre pile plus ou moins frais puisque la veille était le départ de notre chère et tendre Laura (Laura si tu nous lis !!! Laura est arrivée une semaine après nous et est repartie vers le froid français la veille de notre périple à Gouina tant attendu, elle était un peu dégoutée et on a fêté son départ toute la semaine parce qu’on l’aimait bien quand même…).

Bref nous voici répartis entre la voiture filles, conduites par des filles (dont moi – c’est Aurélie qui écrit…-), en bon état, 5 places, plafond haut (atout non négligeable dans un 4*4), la voiture gars, conduite par un Belge et en sal état (le 4*4, freins relativement non fonctionnels comme les amortisseurs, plafond moins haut mais suffisamment pour se prendre une branche…) et un quad, en bon état dont le conducteur fait aussi office de secours pour les passages difficiles en 4*4.

Juste pour ressituer, cette route que nous empruntions est absolument impraticable en saison des pluies. Elle a été empruntée une fois par le Paris Dakar qui n’a pas voulu y remettre une roue. Bon ça, c’était pour vous impressionner mais c’est ce qu’on m’a dit…

L’aller se passe bien (5h pour faire 80 bornes, c’est une belle performance). On traverse des beaux paysages, on arrive en début d’aprèm à Gouina, c’est vraiment beau et on oublie Kayes, le taf… tout tout tout. Seuls des Sarthois ou Sarthais sont déjà sur les lieux, ils sont descendus de France avec un 4*4 et une deux chevaux (vraiment c’est de la bonne voiture !!). On s’installe, on a oublié la grande tente mais on tendra les moustiquaires comme on peut plus tard, en attendant c’est balade dans les rochers et baignade au milieu de nulle part (enfin presque parce que le coin est régulièrement envahi par les troupeaux de chèvres et les ânes). On retrouve les gens (femmes et enfants) qu’on avait dépassés en voiture et qui venaient à pied avec des ânes, ils sont venus se laver, laver les affaires et ils rigolent de ces toubabs qui manquent de se casser la gueule en passant sur les rochers, qui se baignent dans l’eau comme les enfants mais avec des vêtements bizarres… Les femmes font tout avec leur tout petit, tantôt attaché dans le dos, hop elles le passent lestement devant elles et le calent entre leurs jambes pour laver leurs affaires puis le bébé lui même, il fait toujours partie d’elles. Le moment du bain doit être le seul où le bébé n’est plus au contact de sa mère.

Bon, nous on joue mais pas trop car il y a du courant, on se cale entre les pierres et on se partage des bières fraiches…

Le soir, les hommes partent chercher du bois pour le feu et nous, les filles hum les femmes, partons à la recherche des singes en nous accrochant dans toutes les petites herbes pleines de poil à gratter. On se fait un bon barbec et on prend plaisir à mettre nos pulls. Entre temps d’autres toubabs sont arrivés avec plein de « boys » pour les servir et ça fera toujours plus de gens qu’on emmerdera avec la musique qu’on arrive pas à régler décidément… 

Le lendemain matin, de bonne heure et de bonne humeur on va voir les hippos !!! Bonheur ils sont là ! (on a de la chance car la semaine qui suit, deux hippos se sont faits tirer dessus par des militaires et ils sont partis plus en amont des chutes). On arrive et on entend leur bruit mais on jacassait trop du coup ils sont partis de l’autre côté de la rive donc à 150 mètres. Bon un hippo c est gros alors on voit quand même leur tête qui sort de l’eau, ils sont trois, le papa, la maman et le bébé -si si c’était ça-  alors moi je voyais surtout papa et maman hippo. Le courant a pas l’air de trop les gêner.  On peut quand même voir à cette distance quand ils bougent l’oreille (ça doit être grand une oreille d’hippo !) et y en a même un qui baille et on le voit bien et ça a vraiment une grande bouche parce que ça se voit nettement plus que la tête en partie immergée. Bon c’était magnifique et magique même si on était loin…

On va prendre un dernier bain, deux jours en comptant le trajet, c’est court… et on repart vu qu’on veut arriver avant la nuit… hum hum

Sauf que… C’est là que l’aventure commence, l’aventure la vraie, avec le premier 4*4 conduit par notre Belge préféré (Fred on t’aime bien, c’était juste dans le contexte malien !!) qui défonce les pierres qui renforçaient un passage rendu impassable par les pluies par les pluies, zip, la roue arrière droite dérape, les pierres roulent, le 4*4 glisse en biais et vas s’enfoncer sur le côté vers le fossé. La roue patine, au lieu de remonter la petit pente abrupte, elle creuse… Ca nous prendra plus d’une heure pour le sortir, bien aidés par des Maliens qui passent au bon moment pour nous amener des forces supplémentaires. L’agilité de Vanel pour l’agencement des pierres, le blocage de la roue et son entrain à défoncer la pente trop abrupte en pensant à ces s… de Chiliens y a été pour beaucoup !!

1ère étape passée, nos acolytes, (ce sont des hommes) ne trouvent rien de mieux à faire sachant que leur batterie déconne que de s’arrêter et de couper le moteur dans une côte pour nous attendre (et en plus ça va être de notre faute !). Passons !

La nuit tombe, finalement c’est pas si terrible de rouler de nuit au moins les phares sont bons on voit bien les trous, on chante dans la voiture des filles. On vient d’éviter un passage boueux où on serait sans doute restées coincées, oueh bien joué quel beau travail d’équipe !!! C’aurait été vraiment con de s’embourber maintenant, c’est la nuit, il est 19h, on est encore un peu loin de Kayes, non vraiment, la bad… Et, 74 secondes plus tard nous voilà embourbées… Et meeeerde, bon je passe en mode 4*4 (oueh j’ai regardé comment il avait fait jonathan), mais non, on s’enfonce. Bon, on va prendre une corde pour tirer notre 4*4 avec l’autre, Bam, la corde pète direct, même pas le temps d’y croire, corde de merde. Bon, on se démotive pas, la roue est pas trop enfoncée, ça peut passer si les gars dégagent un peu l’arrière… va falloir creuser dans la boue et dans la nuit et pousser aussi dans la boue et tout pareil, encore une fois, des Maliens passent au bon moment pour nous aider (quelle terre d’hospitalité quand même dès qu’on est en détresse, ya des Maliens qui débarquent de nulle part…). Ouf, c’est bon on est sortis. Allez ça repart, musique à fond : « a dios les pido » ou « adios pepino » selon les versions, 86 secondes plus tard, on a à peine commencé à chanter que l’autre 4*4 crève… Bon c’est clair que le pneu faisait la gueule depuis un moment mais là, bon là, c’est l’hilarité générale… Bon on cherche le pneu de secours mais on trouve pas la clé pour le sortir, Vanel Gyver se met à la tâche, pas facile… bon on sort la roue de secours de l’autre 4*4 ah oueh mais y a pas le bon nombre d’écrous… pendant ce temps, des enfants et femmes qui arrivent d’on ne sait où sont venus assister à la scène, les gens chantent, on rigole, c’est bonne ambiance. Finalement on trouve la bonne clé.

Heureusement pour nous le pare brise pré pété de l’autre 4*4 tiendra jusqu’à Kayes… Cette fois ci on aura mis 8h pour faire 80 bornes… On finit dans notre resto préféré de Kayes et on fait pas long feu…

(Pour plus d'image encore plus belles et plus funs, veuillez consulter l'album "Gouina" sur aurel-vanal.over-blog!!)

 
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